Agir pour l'Europe avec les Européens

Lieu de réflexion et d’échange, Europartenaires soutient un projet de société propre à redonner du sens à la construction européenne et à redéfinir les rôles et les responsabilités des acteurs sociaux ou politiques.

Les Présidents

Fondée en 1994 par Élisabeth Guigou, l’association Europartenaires est aujourd’hui coprésidée par Élisabeth Guigou et Jean-Noël Jeanneney.

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Elisabeth Guigou a publié dans la presse, le 14 mai, la tribune suivante, à laquelle Jean-Noël Jeanneney, co-président d'Europartenaires, adhère pleinement.

«Pourquoi je soutiens l’engagement européen d’Emmanuel Macron», par Elisabeth Guigou

«Assurément, les paroles ne suffisent pas. Mais si les objectifs ne sont pas formulés, si la volonté d’agir n’est pas exprimée, si les projets ne sont pas définis, rien ne sera possible, souligne l’ancienne ministre des Affaires européennes de François Mitterrand. Nos partenaires européens semblent souvent rester sourds ou multiplient les réserves ? Ne cédons pas au découragement ! »

© Sipa Press

En ces temps d’euroscepticisme dominant et de refus contagieux, tandis que les europhiles paraissent souvent raser les murs, l’engagement européen d’Emmanuel Macron est bienvenu.

Lorsqu’il était encore candidat à l’Elysée, il avait eu le courage d’installer l’Europe au cœur de son projet, ce qui ne s’était plus vu depuis la campagne présidentielle de François Mitterrand, en 1988. Une fois élu, le président de la République n’a pas cessé d’exposer – à la Sorbonne, à Athènes, à Aix-la-Chapelle, puis dans sa tribune appelant à une « Renaissance », sa vision ambitieuse et ses propositions concrètes destinées à sortir l’Union de son marasme et à redonner confiance à ses citoyens.

Assurément, les paroles ne suffisent pas. Mais si les objectifs ne sont pas formulés, si la volonté d’agir n’est pas exprimée, si les projets ne sont pas définis, rien ne sera possible. Nos partenaires européens semblent souvent rester sourds ou multiplient les réserves ? Ne cédons pas au découragement ! Souvenons-nous que toute l’histoire de l’Union européenne est jalonnée d’obstacles surmontés. Il a fallu quarante ans pour créer l’euro.

Faire l’Europe unie n’a jamais et ne sera jamais une œuvre facile, entre des nations fières de leur histoire et de leur identité, et qui offrent aux citoyens le lieu principal d’expression démocratique. Et pourtant, si l’Union, même imparfaite, existe, c’est parce que les peuples l’ont voulu, tournant le dos à des siècles de conflits, à deux guerres mondiales et à la monstruosité de la Shoah. C’est parce qu’ils ont choisi une paix appuyée sur le respect des droits fondamentaux.

Peur de l’avenir. Nous devrions exprimer une fierté légitime : ce qui a été réalisé sur notre continent dans la seconde moitié du XXe siècle est sans précédent et sans équivalent dans l’histoire du monde. Il est vrai que ce fut avec le soutien des Etats-Unis dans un contexte de guerre froide, et qu’au XXIe siècle la donne géopolitique a changé. Le président Obama avait déjà fait pivoter les États-Unis vers l’Asie et marqué les limites de son engagement au Proche-Orient. Le président Trump, avec brutalité, a exigé des Européens qu’ils prennent en charge leur sécurité. Il exprime à chaque occasion son soutien au Brexit et son mépris de notre Union. Simultanément, le poids démographique et économique de l’Union dans le monde s‘est réduit, à mesure qu’émergeaient de nouvelles puissances en Asie, affichant désormais des ambitions planétaires. L’ordre établi après 1945 sous l’égide des États-Unis cède la place à un monde imprévisible et dangereux.

Les peuples européens qui, en construisant leur union, ont conjuré les peurs du passé, sont ainsi gagnés par la peur de l’avenir. La hantise du déclin et de la domination par d’autres les rend plus vulnérables aux tentations d’un repli identitaire. Cependant, ce sont ces menaces mêmes qui exigent qu’on consolide notre Union, au service à la fois de nos valeurs et de nos intérêts.

«​Souhaitons que les députés élus en proximité avec le président Macron créent un groupe autonome qui soit capable de s’allier aux sociaux-démocrates et aux Verts pour consolider le socle des droits sociaux, imposer, enfin, dans toute l’Union un salaire minimum et assurer une transition écologique équitable»

Les propositions d’Emmanuel Macron ont le mérite de se concentrer sur quelques priorités : la souveraineté économique, technologique, monétaire, fiscale, sociale et écologique contre la concurrence déloyale des États dominants comme celle des géants du numérique et de l’intelligence artificielle ; la transition écologique financée par une banque du climat et la sécurité sanitaire, face à certains lobbies sans foi ni loi ; la cohésion sociale sans laquelle l’UE ne serait qu’un marché sans âme ; la protection et la promotion de l’Europe de la culture, qu’ont commencé d’incarner, bien insuffisamment, Erasmus et la protection des droits d’auteur ; la maîtrise des migrations par un meilleur contrôle partagé des frontières de l’Union et une solidarité accrue entre les États membres de Schengen ; la sécurité par la lutte contre les cyberattaques, et des règles européennes contre la diffusion par Internet des discours de haine et de violence ; de nouveaux progrès vers une défense réellement autonome, associant le Royaume-Uni en dépit du Brexit, dans un Conseil européen de sécurité intérieure.

Alliances. La France, évidemment, ne peut pas agir seule. L’Allemagne doit rester son premier partenaire, mais non le seul. On se réjouit que plusieurs gouvernements amis résistent à la poussée du nationalisme : l’Espagne, le Portugal, mais aussi la Suède ou la Finlande. Nos partenaires de l’Est ont montré leur attachement à l’Union tout au long des négociations du Brexit. Le choix des alliances dans le prochain Parlement européen sera crucial. Souhaitons que les députés élus en proximité avec le président Macron créent un groupe autonome qui soit capable de s’allier aux sociaux-démocrates et aux Verts pour consolider le socle des droits sociaux défini à Göteborg, imposer, enfin, dans toute l’Union un salaire minimum et assurer une transition écologique équitable.

Dans ce monde chaotique, pour résister aux ambitions hégémoniques de la Chine et des Etats-Unis et désarmer l’angoisse du déclin, il est indispensable de rechercher des alliés au-delà des frontières de l’Union. Le président Macron a proposé à l’Afrique, continent émergent et convoité, un partenariat renouvelé, qui récuse le néocolonialisme et la corruption afin de permettre aux Européens et aux Africains de relever ensemble les défis contemporains : l’emploi des jeunes, le sous-développement, les désordres climatiques, la violence endémique, la maîtrise concertée des flux migratoires tout en garantissant la mobilité. Ce projet « d’arrimage des deux continents à travers la Méditerranée » est à la portée d’une volonté partagée par les Européens et les Africains. Il peut, il doit animer l’Union européenne d’un élan nouveau.

Elisabeth Guigou est présidente de la Fondation Anna-Lindh, fondation euro-méditerranéenne pour le dialogue des cultures. Ancienne députée européenne, elle a notamment été ministre déléguée aux Affaires européennes de François Mitterrand (1990-1993) et présidente PS de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (2012-2017).

 

Retrouvez également cette tribune sur le site de l'Opinion.

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