"La violence s'est adoucie depuis le XIXe siècle"
Entretien dans la Dépêche du Midi, le 23 février 2012 Jean-Noël Jeanneney, historien, publie ces jours-ci « L'Etat blessé » (Flammarion). Les campagnes présidentielles semblent se personnaliser de plus en plus. Est-ce parce que les projets politiques des candidats ont de plus en plus de mal à se différencier ? Je prépare actuellement une de mes émissions du samedi sur France Culture, consacrée aux insultes dans l'histoire politique. La violence, au 19e siècle, était incroyable : les comparaisons animales fournissent, d'un camp à l'autre, un sinistre bestiaire. (...)
Civilisations: ce qu'en pense... Georges Clemenceau
Le Huffington Post, 7 février 2012 Lorsqu'on apprend les propos du ministre de l'Intérieur de la République française, M. Claude Guéant, sur l'inégalité des civilisations - au profit, semble-t-il, dans son esprit, de la nôtre -, le goût vient (simplement) de relire les propos du grand Georges Clemenceau sur ce même thème, dans un débat sur la colonisation, le 31 juillet 1886. "Races supérieures ? Races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. (...)
Jean-Noël Jeanneney, l'histoire en héritage
Rencontre, La Croix, samedi 7 et dimanche 8 janvier 2012. >> L'article
A propos de François Bon,
Clés, novembre 2011 A propos de François Bon, "Après le livre", éditions du Seuil, 2011C’est d’abord, chez François Bon, une manière de jubilation qu’on salue, une ironie bienvenue envers tous les esprits moroses. Sa thèse centrale ? La formidable mutation que provoquent les nouvelles technologies dans l’élaboration et la transmission de la culture sous sa forme écrite se dessine assez clairement déjà pour que nous puissions en apprécier et en dominer les effets, en surmontant tous les désarrois et en la recevant, en somme, comme un bienfait des dieux. (...)
Une histoire des affaires politiques
Le Monde, le 22 octobre 2011 Les "affaires" surgissant de tous côtés, par les temps qui courent, et nous laissant tout ébaubis vient le goût de chercher dans le passé quelques précédents propres à servir nos réflexions devant les turpitudes de l'argent caché. Georges Pompidou parla un jour d'"égouts" en flétrissant les révélations de Gabriel Aranda, collaborateur d'un ministre de l'équipement sous sa présidence, qui fit trembler la République en révélant, en 1972, les compromissions de députés, dupes ou complices d'hommes d'affaires véreux. (...)
Patrimoine, quelles utopies ?
Revue AREA n°25, Automne-Hiver 2011. Interview de Jean-Noël Jeanneney, p. 187-189
Selon la vision que l’on avait jusqu’au XVIIe siècle, le patrimoine, c’est ce que l’on conserve, et que l’on entretient dans une famille, que l’on transmet; la connotation était un peu notariale. Mais depuis quelques décennies, l’expression s’est élargie et pose une question passionnante : comment une communauté nationale spécifique, organise son “commerce”, au sens du XVIIe siècle, avec l’héritage qui a été légué de génération en génération.
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L'AGENCE FRANCE-PRESSE est libérée
Feuilleton, L'Histoire n°365 Juin 2011 >> L'article sur le site de L'Histoire 1 957, 10 janvier L'Agence d'information France-Presse, créée en 1944 pour succéder à Havas, fut d'abord une entreprise d'État. La loi de 1957, qui lui octroya l'indépendance, est un texte important sur le statut de l'information dans une démocratie. Comme il advient souvent en France, le provisoire avait duré. Lors de la naissance, après la Libération, de l'Agence France-Presse, dans la suite de l'Agence Havas naufragée, décision avait été prise, par une ordonnance de septembre 1944, d'en faire un organisme gouvernemental ; on proclama que c'était pour le court terme, avant que des règles nouvelles ne dussent l'émanciper. (...)
Nous aurons l'internet que nous mériterons
Interview sur le site de La Montagne, www.lamontagne.fr, à l'occasion de la participation de Jean-Noël Jeanneney au Grand Débat à Tulle, le samedi 21 mai à 17h. Jean-Noël Jeanneney intervient sur le thème: "Craindre ou espérer demain : le monde, l’Internet face à l’Histoire." >> L'article sur le site de La Montagne
« LE TEMPS DE PARIS » veut couler « Le Monde »
Feuilleton, L'Histoire n°364 Mai 2011. >> L'article sur le site de L'Histoire 1956, 17 avril Le but était d'abattre le journal de Beuve-Méry, jugé trop à gauche. Le lancement du Temps de Paris par Antoine Pinay, soutenu par des hommes d'affaires dispendieux, sera un fiasco.
Douze ans après la Libération, la droite et les milieux « modérés » ne s'en consolent pas : non seulement Le Monde leur paraît avoir, en décembre 1944, profité du cynisme des résistants et du soutien malvenu du général de Gaulle pour s'installer en coucou dans les meubles du Temps d'avant-guerre, mais il aurait depuis lors abusé de sa posture héritée de « journal de référence » pour prendre des positions néfastes aux intérêts nationaux. En politique étrangère, Le Monde s'attache à défendre le « non-alignement » (...)
10 mai 1981 : les leçons d'une victoire
Le Monde, le 8 mai 2011, par Thomas Wieder Un beau numéro. Oui, il faut le dire, c'est un beau numéro de La Revue socialiste qu'a concocté son directeur de la rédaction, l'historien Alain Bergounioux, pour le trentième anniversaire de la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981. Cette réussite tient à l'effort qu'ont fait les contributeurs pour tirer les enseignements de cette victoire. C'est le cas de l'historien Jean-Noël Jeanneney. Dans un article qui aurait pu porter le titre d'un de ses livres, Leçon d'histoire pour une gauche au pouvoir, le président du conseil scientifique de l'Institut François-Mitterrand explique pourquoi, selon lui, le premier secrétaire du Parti socialiste l'a emporté en 1981 : la « maîtrise des (...) >> L'article en entier sur le site du Monde
Mitterand et les médias: le double jeu
Entretien dans Le Monde Télévision du 8 mai 2011.
Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon A quoi ressemble le paysage audiovisuel français avant le 10 mai 1981? Il est extrêmement resserré et contraint. Depuis 1945, l’emprise de l’Etat sur la radio puis la télévision est très forte. La télévision ne propose que trois chaînes publiques. Quant à la radio, elle ne compte, hors service public, que les stations “périphériques” – RTL, Europe 1 et RMC –, qui disposent d’un peu plus de liberté, ainsi que des radios en ondes courtes que l’on peut recevoir de l’étranger. (...)
Mai 81 : Sur quelques leçons d'une victoire
La Revue socialiste, Le Dossier n°42, le 6 mai 2011 >> Téléchargez la revue dans son intégralité On veut croire qu’à Saint-Cyr les professeurs de tactique et de stratégie prennent soin d’enseigner le danger que représente, dans tous les combats, le souvenir glorieux des victoires antérieures ; car les généraux sont portés à déployer les procédés qui leur ont naguère réussi sur un champ de bataille différent : non sans risque d’inadéquation, donc de déconfiture. Chercher dans le succès de la gauche en 1981 des enseignements utiles pour l’an prochain, comme m’y invite l’amitié d’Alain Bergounioux, exige d’abord ce rappel primordial de prudence. (...)
Hommage à Jean Izard
Hommage à Jean Izard, ancien directeur général de Radio France, dans Le Monde du lundi 2 mai. >> L'article
«Le Monde» et ses nouveaux maîtres
Critique du livre d'Odile Benyahia-Kouder, "Un si petit monde" (Fayard 2011), dans Le Nouvel Observateur, 14-20 avril 2011. « Les intérêts transigent toujours, les passions jamais ». Le propos célèbre d’Alain est mis à mal par Odile Benyahia–Kouider - tant la chronique, claire et précise, qu’elle consacre à la crise qui vient de secouer Le Monde confirme cette vérité qu’on retrouve à chaque pas lorsque le milieu des affaires rencontre celui de la presse : les passions s’y montrent si intimement mêlées aux intérêts qu’il est tout à fait vain de prétendre les séparer. (...)
Pierre Mendès France déjeune chez Jean-Jacques Servan-Schreiber
Feuilleton, L'Histoire n°363 avril 2011. >> L'article sur le site de L'Histoire 1954, 22 juin Tout juste investi président du Conseil, Pierre Mendès France honore l’équipe de L’Express de sa présence. Il faut dire que l’hebdomadaire de Jean-Jacques Servan-Schreiber ne lui a pas ménagé son soutien.
Ce jour-là, L’Express rayonne de bonheur. Pierre Mendès France, qui vient d’être investi président du Conseil, quatre jours plus tôt, par l’Assemblée nationale, déjeune dans ses murs à l’issue de son premier Conseil des ministres avec tout son gouvernement. L’équipe entière du journal est rassemblée autour de la table qui porte les austères plateaux-repas qu’affectionne son directeur Jean-Jacques Servan-Schreiber. Celui-ci a quelque motif de jubilation. (...)
A chacun son histoire
Clés n°69, février - mars 2011 L’Histoire dans les têtes« Je ne sais pas ce que le passé nous réserve », Françoise Sagan L’Histoire alimente l’Histoire. Entendez que le passé, tel qu’il est connu, rêvé, inventé, se fait à son tour moteur des événements successifs. Parce que, dans l’esprit des acteurs du jeu politique, dirigeants et citoyens, le foisonnement des références qui y affluent contribue grandement à guider les choix et à tracer le chemin. (...)
Célébration ou commémoration : le cas Céline
Interview pour le magazine L'Histoire, à propos du retrait du cinquantenaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline de la liste des célébrations nationales. >> Le site de L'Histoire D’abord inscrit sur la liste des célébrations nationales de 2011, le cinquantenaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline a finalement était retiré de ladite liste par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Vous faites partie du Haut comité aux Célébrations nationales. Qu’en pensez-vous ? Depuis assez longtemps j’avais fait observer au Haut Comité (qui n’est que consultatif…) qu’il serait toujours en position inconfortable s’il ne suggérait pas aux autorités responsables de distinguer, dans son titre, « célébrations » et « commémorations ». Il est opportun, cela tombe sous le sens, de célébrer l’Edit de Nantes et de commémorer sa révocation, de célébrer la déclaration des droits de l’homme d’août 1789 et l’œuvre législative magnifique de la Convention et de commémorer la Terreur. Et ainsi de suite. (...)
MAGNUM : si la photo est bonne...
Feuilleton, L'Histoire n°361 février 2011 >> L'article, sur le site de L'Histoire  1947, 22 mai Au XXe siècle, pas de journal sans photo : c'est la conviction des quatre photographes qui fondent en 1947 la coopérative Magnum. Deux d'entre eux la paieront de leur vie. L'événement, en date du 22 mai 1947, est américain autant que français. Quatre photographes, déjà légendaires, fondent, ce jour-là, à Paris et à New York simultanément, une coopérative qu'ils maîtriseront à parts égales. Il s'agit (outre William et Rita Vandivert, qui s'en iront très vite), de Robert Capa, d'Henri Cartier-Bresson, de David Szymin (dit Chim) et de George Rodger. (...)
Prenons garde à la France qui gronde
Le Monde du dimanche 30 et lundi 31 janvier 2011, p. 9
>> L'article en PDF
L'origine du « Monde »
Feuilleton, L'Histoire n°360 janvier 2011 >> L'article, sur le site de L'Histoire 1944, 18 décembre Le Temps jugé complaisant envers Vichy n’est plus. Mais il manque un quotidien qui joue le rôle qu’il tenait, avant guerre, en politique étrangère.
L’efflorescence des journaux issus de la Résistance, à partir d’août 1944, n’avait pas suffi à remplir tout l’espace. Deux cents quotidiens sur le territoire national, oui, et cependant beaucoup de bons esprits, parmi les nouvelles élites, regrettaient l’absence d’un journal qui pût jouer, en politique étrangère, le rôle du Temps avant la guerre : l’expression officieuse de la diplomatie française. Le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, se montra vivement désireux de combler ce manque. (...)
Un jour qui a changé le monde : 28 juin 1914
Clés n°68, décembre 2010 - janvier 2011 On nous dit quelque fois que le tumulte du monde et le bombardement des nouvelles qui, jour après jour, accaparent notre attention (et qui souvent l’accablent) nous rendraient aveugles à toutes les forces à l’allure lente qui façonnent l’histoire de l’humanité. Le propos est trop simple : nous avons besoin de prendre en compte les événements de la surface pour accéder aux mutations qui modèlent, sous-jacentes, les nations, les sociétés, mentalités, les économies, tandis que celles-ci, appréhendées, nous aident, en retour, à départager, au quotidien, l’essentiel et l’accessoire. (...)
Des historiens lancent un appel pour sauver l’Hôtel de la Marine
Des historiens ont lancé un appel au président de la République afin qu’il ne «brade» pas l’Hôtel de la Marine. L’écrivain Régis Debray et six historiens dont Pierre Nora, Jacques Le Goff et Jean-Noël Jeanneney, ont lancé un appel au président de la République afin qu’il ne «brade» pas l’Hôtel de la Marine, «lieu chargé d’histoire» situé place de la Concorde à Paris. Alain Decaux, Mona Ozouf et Michel Winock sont les autres signataires de cet appel collectif publié dans Le Monde daté de mardi sous le titre «Sauvons l’Hôtel de la Marine». «La France ne perd pas sa mémoire, elle la vend», estiment ces personnalités. (...)
Sauvons l'hôtel de la Marine à Paris !
Point de vue, Le Monde du 10 janvier 2011 Quiconque éprouve encore un minimum de respect pour le passé national, pour les pierres chargées de symboles et d'une histoire qui touche tous les Français ne peut qu'être révulsé à l'idée que l'hôtel de la Marine, place de la Concorde, soit alloué le 17 janvier - demain ! - sans protestation aucune, affermé, disons le mot : aliéné à un groupe financier international, Alexandre Allard, pour, derrière la façade inchangée, en faire un Barnum commercial assorti de suites de luxe. (...)
« COMBAT », c'est Camus
Feuilleton, L'Histoire n°359 décembre 2010 >> L'intégralité de l'article sur le site de L'Histoire 1944, 21 août Au bout de cinq ans de clandestinité, le journal, voix primordiale de la Résistance, paraît au grand jour. Pour un été de fleurs et de flammes.
La feuille, imprimée recto verso, datée du 21 août 1944, porte fièrement le numéro 59, quatrième année. « Il a fallu cinq années de lutte obstinée et silencieuse pour qu'un journal né de l'esprit de résistance, publié sans interruption à travers tous les dangers de la clandestinité, puisse paraître enfin au grand jour dans un Paris libéré de sa honte... » « Au grand jour » ... Depuis l'avant-veille, la petite équipe qui va faire Combat libéré est l'arme au pied. La délégation du gouvernement provisoire d'Alger a fait attribuer aux titres clandestins (ils sont treize) les imprimeries et bureaux des quotidiens engloutis dans la collaboration. (...)
29 janvier 1981 : la “feuille de route”
Cette intervention lors de la première assemblée du Comité d'Histoire de la Télévision est re-publiée dans les Cahiers du CHTV de l'automne 2010, à l'occasion des 30 ans du Comité d'Histoire. >> Le texte de l'intervention de Jean-Noël Jeanneney, p19
Le fiel ultime de « JE SUIS PARTOUT »
Feuilleton, L'histoire n°358 novembre 2010 >> Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site de L'Histoire 
1944, 16 août Une grande heure dans l'histoire de notre presse ? Ce jour là, l'une des publications les plus sombres qui y ait jamais prospéré achevait la course de son déshonneur. La caricature de Ralph Soupault, en première page de l'ultime numéro de l'hebdomadaire Je suis partout , daté du 16 août 1944, résume parfaitement le ton de cette feuilleton. On y voit Roosevelt enlaçant un gros Juif au nez crochu, fumant cigare et portant gibus, et lui murmurant, à propos de Camille Chautemps - un leader important de la IIIe République auquel on prête le projet de jouer sa carte après la Libération - affublé ici des insignes de la franc-maçonnerie : « Ce Chautemps fera tout à fait notre affaire. » (...)
Centenaire de l'Association des professeurs d'histoire et géographie
Contribution de l'article "Télévision" à "l'abécédaire du centenaire" dans le N°412, novembre 2010. Télévision
Longtemps, l’antagonisme fut vif. Jusque dans les années 1970, l’Histoire universitaire se tint, non sans mépris, à l’écart des prestiges et des maléfices du petit écran, tandis que l’ensemble du monde enseignant y voyait un instrument inquiétant, vaguement rival, et destiné en tout cas à cerner les yeux des élèves qui l’avaient trop regardée, aux dépens de leurs devoirs, le soir, et de leur attention, en classe. (...)
Portrait
Libération du 15 octobre 2010
Portrait par Jean-Pierre Rioux, dans l'édition spéciale "Libé des historiens", à l'occasion des Rendez-vous de l'histoire de Blois. >> Retrouvez l'article
On a de plus en plus besoin d'histoire
Interview dans le Républicain Lorrain du samedi 9 octobre 2010. >> L'article
A la recherche du temps présent - Les sens de l'histoire
Challenges, le 7 octobre 2010 : à propos des Rendez-vous de l'Histoire de Blois Comme la vie est quotidienne ! » soupirait Jules Laforgue au fil d'un poème. Pour s'en évader, Clio, première des neuf muses, fi lle de Zeus et de Mnémosyne, propose à profusion d'exquises escapades. Ses séductions apparaissent sans limites, en vérité, pour l'imagination et le songe. Interrogez quelques-uns de ceux qui ont choisi de consacrer leur vie à la recherche en histoire : vous constaterez le rôle déclencheur qu'a joué, dans la vocation de la plupart, le roman historique, de Walter Scott à Victor Hugo (Quatrevingttreize) en passant, bien sûr, par ce maître absolu du genre que fut Alexandre Dumas. (Je vous laisse choisir vos auteurs parmi tous ceux qui y brillent aujourd'hui). (...)
« Pantagruel » fait de la RÉSISTANCE
Feuilleton, L'Histoire n°357 octobre 2010 >> Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site de L'Histoire 1940, octobre Une histoire courte qui évoque celle de toute la presse clandestine, dont l'essor reste stupéfiant si l'on songe aux difficultés qu'elle a rencontrées.
La Bibliothèque nationale de France recèle, parmi ses trésors, les seize numéros d'une des publications les plus éphémères et les plus emblématiques qui soient. Il s'agit de Pantagruel, qui a la gloire d'avoir été, d'octobre 1940 à octobre 1941, le premier périodique clandestin de la Résistance. Son rédacteur, unique, est Raymond Deiss. L'homme est issu d'une famille alsacienne. Pianiste doué, il a formé son talent en Allemagne mais s'est engagé du côté français dans la Grande Guerre. (...)
« Marie Claire » ou la révolution des femmes
Feuilleton, L'Histoire n°356 septembre 2010 >> Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site de l'Histoire

1937, 3 mars. Un visage en gros plan à la une, un graphisme à l’américaine : conciliant droits et devoirs, le magazine affiche de nouvelles ambitions pour les femmes. Le 3 mars 1937, les kiosques mettent en pile et proposent en abondance le premier numéro d’un mensuel qui, destiné au public féminin, est appelé à un bel avenir. Marie Claire est tiré d’entrée de jeu à 500 000 exemplaires et connaîtra une diffusion presque double à la veille de la guerre. Jean Prouvost, l’industriel lainier qui est en passe de hisser Paris-Soir jusqu’à une vente record de 1 700 000 numéros par jour, se lance dans cette aventure avec toute l’énergie et la détermination possibles. (...)
Jean-Noël Jeanneney - Texte, image et son
Article de Jean-Christophe Castelain dans L'Oeil n°626, juillet-août 2010. Jean-Noël Jeanneney est un professionnel des mots, mais l’image pourrait tout aussi bien être le fil conducteur d’une longue et riche carrière. Les Rencontres d’Arles ne s’y sont pas trompées en lui confiant la présidence de la manifestation. (...) >> Retrouver l'article sur le site du magazine
Haro sur les « 200 familles »
Feuilleton, L'Histoire n°354 Juin 2010 1936, 1er mars Le Crapouillot dénonce la mainmise du patronat sur l'économie, la politique et la presse. Un discours qui rassemble aussi bien l'extrême droite que la gauche communiste, socialiste et radicale.
On ne connaît plus guère aujourd'hui le sens du mot « crapouillot ». Il s'agit d'un mortier de tranchée français mis au point pendant la Grande Guerre. Il paraît que ce terme viendrait du « saut » qu'aurait effectué le projectile de cette arme, ressemblant furieusement à celui d'un crapaud - à moins, chose plus vraisemblable, que ce fût la forme même de cet engin en bronze, trapu et massif, qui ait évoqué l'allure du batracien. Quoi qu'il en soit, cette arme devenue vite désuète aurait basculé dans l'oubli si le nom n'en avait pas été donné à une revue littéraire et artistique créée depuis les tranchées, en août 1915, par le caporal, journaliste et homme de lettres Jean Galtier-Boissière. (...) >> Retrouvez l'article complet sur le site de l'Histoire
Comment lutter contre ce sport national qu'est l'auto-dénigrement?
Le Nouvel Economiste >> Téléchargez le scan de l'article « Posons la responsabilité du sommet au premier chef : il ne faut jamais oublier qu'une démocratie est –notamment- une pédagogie et que les personnalités portées pour un temps par leurs concitoyens à la tête de l'Etat ont une responsabilité centrale dans le « déclinisme ». D'une part ils ne doivent pas laisser s'effondrer l'influence culturelle de la France dans le monde, à laquelle le gouvernement actuel porte tant de coups par ses choix budgétaires et politiques, d'autre part ils doivent combattre l’érosion de la langue française et le comportement de soumission langagière vis-à-vis de l'anglais –qu’il est indispensable de connaître mais absurde de révérer. (...)
Maurras appelle au meurtre
Feuilleton, L'Histoire n°353 Mai 2010 1935, 9 avril « Léon Blum ? un homme à fusiller, mais dans le dos. » Une phrase signée Charles Maurras dans L'Action française . Blum échappera à la mort, mais pas à la violence physique.
Le 9 avril 1935, Charles Maurras écrit dans son journal, L'Action française , à propos de Léon Blum, leader du Parti socialiste : « Ce Juif allemand naturalisé, ou fils de naturalisé [...] n'est pas à traiter comme une personne naturelle. C'est un monstre de la République démocratique. Et c'est un hircocerf de la dialectique heimatlos1. Détritus humain, à traiter comme tel [...] . L'heure est assez tragique pour comporter la réunion d'une cour martiale qui ne saurait fléchir. [Un député] demande la peine de mort contre les espions. Est-elle imméritée des traîtres ? Vous me direz qu'un traître doit être de notre pays : M. Blum en est-il ? Il suffit qu'il ait usurpé notre nationalité pour la décomposer et la démembrer. Cet acte de volonté, pire qu'un acte de naissance, aggrave son cas. C'est un homme à fusiller, mais dans le dos. » (...) >> Retrouvez tout l'article sur le site de L'Histoire
Grande joie, fausse nouvelle
Feuilleton, L'Histoire n°352 Avril 2010 1927, 9 mai Les Parisiens se bousculent pour acheter La Presse , qui annonce l'exploit des deux Français Nungesser et Coli : les premiers à avoir traversé l'Atlantique en avion ! Information bientôt démentie. Comment expliquer une telle bévue ?
Au martyrologe des vérités maltraitées par la presse, celle-ci figure en haut de la liste : la fausse nouvelle des deux aviateurs français Nungesser et Coli qu'on crut un instant les premiers à avoir franchi l'Atlantique en aéroplane. Les passants qui se pressaient sur les Grands Boulevards, dans l'après-midi du 9 mai 1927, se disputèrent l'édition spéciale du quotidien La Presse que leur offraient les vendeurs ambulants et qui affichait en grosses lettres, sur toute sa largeur : « Nungesser et Coli ont réussi » ; en sous-titre : « Les émouvantes étapes du grand raid. (...)
>> Retrouvez tout l'article sur le site de L'Histoire
Le temps des « chéquards »
Feuilleton, L'Histoire n° 351 Février 2010 1923, 5 décembre L'Humanité dénonce l'« abominable vénalité de la presse ». Elle n'a pas tort. Les révélations des archives russes ont fait éclater le scandale : bien rares sont les journaux qui ne sont pas achetés.
Le titre s'étale en première page du journal communiste, le mercredi 5 décembre 1923 : « L'abominable vénalité de la presse française ». Cette formule n'est pas de la rédaction. Elle est tirée d'une lettre adressée par l'économiste Arthur Raffalovitch au ministre des Finances du tsar Nicolas II, Vladimir Kokovtsov, à Saint-Pétersbourg. Il lui rend compte des démarches dont il est chargé pour acheter le soutien des plus importants journaux de Paris à la diffusion des emprunts russes qu'il s'agit de placer dans le grand public. (...) >> Retrouvez tout l'article sur le site de L'Histoire
Le sacre d'Albert Londres
Feuilleton, L'Histoire n°350 Février 2010. 1914, 21 septembre La cathédrale de Reims est bombardée : l'article que publie en première page Le Matin fonde la légende d'Albert Londres et marque le prestige croissant des « grands reporters ». La signature est encore inconnue - mais bientôt ne le sera plus : Albert Londres, 30 ans, chroniqueur parlementaire, mué, compte tenu des circonstances, en envoyé spécial sur le front, a réussi, au mépris de toute autorisation de l'état-major, à gagner Reims, tout proche de la ligne de front qui, après la bataille de la Marne, est en passe de se fixer. En train, puis à bicyclette, accompagné seulement d'un photographe, il a gagné le coeur de la ville et il a été le témoin des obus tombant sur la cathédrale. (...) >> Retrouver tout l'article sur le site de L'Histoire
La numérisation du patrimoine
Dans l'Humanité dimanche n°193, semaine du 7 au 13 janvier
Entre l’arrivée attendue des conclusions du rapport de la commission Tessier, la condamnation de Google dans son procès contre les éditions la Martinière et l’annonce de l’allocation d’une enveloppe de 750 millions d’euros pour la numérisation du fonds patrimonial des bibliothèques, la question numérique devrait occuper l’année 2010. Rencontre avec Jean-Noël Jeanneney, l’ancien président de la bibliothèque nationale de France et fer de lance de l’opposition au projet Google livres. (...)
De la IIIe à la Ve, Le legs des Républiques
L’Express, le 24 décembre 2009, N° 3051-3052 Le poète latin Horace ironisait déjà, au premier siècle avant Jésus Christ, sur la tendance naturelle des vieillards, « laudatores temporis acti », à embellir le passé pour noircir le présent. L’attitude inverse se rencontre aussi, propre, celle-ci, non pas aux nostalgiques d’une jeunesse enfuie mais aux citoyens parant de vertus exagérées les changements qu’ils ont connus. (...)
Le Cas Bernard Faÿ - du Collège de France à l'indignité nationale
Commentaire du livre d'Antoine Compagnon, L'Histoire n°348 Décembre 2009. >> Le site de L'Histoire Administrateur général de la Bibliothèque nationale sous Vichy, Bernard Faÿ fut le principal animateur de la chasse aux francs-maçons. Antoine Compagnon éclaire son parcours. (...)
J'accuse...! - le 13 janvier 1898
Feuilleton "Les grandes heures de la presse", L’ Histoire n°347 Novembre 2009, p86-87. >> Le site de L'Histoire
Une histoire abracadabrantesque, Abécédaire de la Ve République
Critique du livre de Marie-France Lavarini et de Jean-Yves Lhomeau - Libération, 9 octobre 2009 L’avons-nous entendu, le refrain désabusé des esprits chagrins dénonçant à qui mieux mieux les « petites phrases » auxquelles la télévision réduirait, malheur à nous autres, l’expression de la pensée politique ! Jivaroïsation de la réflexion démocratique, caricature de toute démonstration, degré zéro de la pensée… Cette déploration m’a toujours paru malvenue. (...)
Google-BNF : Les ressorts d’une conviction et d’un combat
Mensuel du Syndicat national de l'enseignement supérieur (le SNESUP), n°578, octobre 2009 Vous me demandez quels sont les ressorts de ma protestation récente contre le projet inattendu d’accord entre la BNF et Google, dans ses conséquences à la fois concrètes et symboliques ? Les voici résumés, qui tiennent à la nature même du moteur de recherche de Mountain View et à son comportement d’ensemble. (...)
Resistance stiff outside the Anglosphere: Governments of France and Germany taking a stand
The Tokyo Shimbun, September 28, 2009. >> Scan de l'article en japonais Résumé en anglais
The copyright lawsuits against the US Internet giant Google created a stir beyond the Atlantic. Opposition is mounting in non-anglophone countries with some governments taking a legal stand. The Federal District Court of New York, reviewing the settlement proposal, delayed the hearing originally planned for October 7. (...)
Former president of Bibliothèque nationale de France warns against the Internet
The Sankei Shimbun, September 17, 2009 D r. Jean-Noël Jeanneney, the former President of the Bibliothèque nationale de France and the author of “Quand Google défie l'Europe: Plaidoyer pour un sursaut,” who was involved in the establishment of the European digital library, gave a lecture on the subject of “Internet et la culture” at the National Diet Library (Chiyoda-ku, Tokyo) on September 15. He pointed out three menaces arising out of the Internet: pursuit of profits, circulation of wrong information, and paralysis of the intellect caused by the flood of unsystematic information. About the digitization of books by Google, he again stressed the importance of the library as a guide to information.
La BNF sauce Google
Sud-Ouest, le 28 août 2009 Jean-Noël Jeanneney. Ex-patron de la Bibliothèque Nationale de France, il rejette le projet d'en confier la numérisation au géant américain. (...) >> Lire l'article complet
BNF et Google : l’insupportable tête-à-queue
Le Figaro, le mercredi 26 août 2009 Restons calmes. Dominons la colère devant un acte insensé. Surmontons le chagrin de voir la politique culturelle de la France ridiculisée. Dépassons la surprise de découvrir le dirigeant d’une entreprise nationale qui a fait carrière dans les eaux d’un parti prétendument néo-gaulliste songer à rompre si violemment avec l’héritage du Général. (...)
Concordance des temps : Connaître le passé pour comprendre le présent et prévoir l'avenir
FO hebdo, n°2881, 4 février 2009 FOH : Expliquez-nous en quoi consiste votre émission « Concordance des temps » sur France Culture.Jean Noël Jeanneney : Toute histoire dit-on, est contemporaine, c'est-à-dire que chaque génération pose au passé ses questions à soi. Donc il s’instaure naturellement un dialogue entre ce qui fut et ce qui est, pour servir ce qui sera. L’idée de base? Il existe, de génération en génération, de siècle en siècle, des ressemblances dans le comportement des hommes, les affrontements de pouvoir, les sensibilités, les attitudes collectives. (...)
La faute à Clemenceau ?
Le Nouvel Observateur « L’Histoire en procès » Hors série, 31 octobre 2008
Clemenceau, l’impétueux, le vaillant, l’insubmersible, fut exempt du narcissisme naturel qui pousse d’ordinaire les grands fauves de la politique, à se charger eux-mêmes de raconter leur histoire, à toutes fins utiles (et parfois futiles…). Jusqu’à l’extrême fin de sa vieillesse, il resta tourné vers l’avenir, ses nouvelles amours, son souci de soutenir Claude Monet et d’installer ses Nymphéas à l’Orangerie, ses voyages dans des terres lointaines, sa volonté d’apprendre encore et toujours - et par là détourné d’écrire des mémoires pour lesquels les éditeurs, notamment américains, lui offraient un pont d’or. (...)
Ratapoil
Cahiers Daumier, Numéro spécial Bicentenaire, octobre 2008 Ratapoil, ah Ratapoil ! La curiosité le scrute, le civisme le préserve, la mémoire l’entretient. Il est de ces quelques figures qui, sorties non du ventre d’une mère mais du crayon d’un artiste, s’installent avec quelque chose comme une évidence dans la sensibilité d’une époque dont, bien mieux que de lourds manuels, ils savent exprimer l’essentiel. (...)
Les chausse-trapes de la réforme de l'audiovisuel
Mediapart, le 26 septembre 2008 Le «projet de loi portant modernisation du secteur public de la communication audiovisuelle», dont Mediapart avait révélé ici la teneur, est surveillé comme le lait sur le feu par l'Elysée, qui a décidé de le retoucher in extremis avant avis du Conseil d'Etat, bouleversant ainsi le calendrier annoncé la semaine dernière. La présentation du texte au conseil des ministres serait programmée non plus le 8 mais le 22 octobre, ce qui repousserait à novembre l'examen à l'Assemblée nationale et à début décembre au Sénat, pour une application toujours prévue aux premiers jours de l'an 2009. (...)
Le mot et l'image: la fausse querelle
"Le Grand Entretien" par Claude Moisy, la Revue-Médias N°6, septembre 2005. Croyez-vous, comme beaucoup, que la prédominance de l’image télévisée dans l’information de masse favorise les émotions au détriment de l’explication et de la raison ? Comme historien et comme citoyen, j’ai tendance à nuancer cette affirmation devenue désormais banale. Depuis toujours il y a eu des textes qui ont puissamment servi l’émotion, qui ont fait appel aux ressorts les plus élémentaires de la psychologie, et en face des images raffinées qui, dès lors que l’on y accède avec un esprit ou une culture permettant d’organiser le regard et la perception, peuvent être riches en informations. (...)
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