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Association - Edito

Edito de Fabien Menant, secrétaire général

Fabien Menant

2010 fut l’année de la mise en place du Traité de Lisbonne. Le succès de ce Traité sera une entreprise collective. Il suppose la mutualisation accrue de nos efforts, et reposera sur la capacité  des futurs dirigeants de l’Union européenne à nous mobiliser tous autour d’objectifs communs.

Une fois le matériel institutionnel mis en place, sur le fond, l’enjeu en 2011 est bien de rendre l’Union Européenne plus forte pour défendre ses intérêts et ses valeurs, face à la puissance des Etats-Unis et à l’ascension des pays «émergents», et de promouvoir ce que l’on appelle à Bruxelles un «multilatéralisme efficace». Nous pouvons évoquer ici quelques uns des principaux défis qui se posent aujourd’hui à l’UE, dans la ligne de nos activités à Europartenaires. L’Union européenne constitue un ensemble de 500 millions d’habitants et ne pèse pas moins d’un quart de la richesse mondiale. Elle peut et doit être un acteur global. Avec sa panoplie d’outils – les normes, l’aide communautaire, la politique commerciale et des visas, la diplomatie, la politique de sécurité et de défense – elle est en mesure d’affirmer son «soft power» - certains diront son «smart power» - au service de la paix. L’Union peut «faire la différence» pour stabiliser son voisinage, car personne ne peut le faire à sa place. Le processus d’élargissement aux Balkans occidentaux, qui se poursuivra à son rythme, doit nous permettre de surmonter les ultimes soubresauts de la crise yougoslave dans cette région. Sur nos frontières orientales, l’Union doit aider les nouveaux Etats indépendants à consolider leur indépendance et leur prospérité dans le cadre du «partenariat oriental». Mais elle doit aussi tenter de rétablir une relation de confiance avec la Russie, mise à mal par la guerre de 2008 en Géorgie, et défendre ses intérêts de façon unie face à ce grand partenaire, tout en jouant un rôle proactif dans la rénovation de l’architecture de sécurité européenne. Avec les pays méditerranéens, nous devons faire fonctionner les cadres existants (l’Union pour la Méditerranée) et contourner les écueils du «choc des civilisations».

L’éternel défi est pour l’Union européenne de tirer parti, pour valoriser son rayonnement universel, pour s’assurer, aujourd’hui et demain, voix au chapitre dans le monde, d’une possible concordance d’énergies, dans toutes les directions –, la lutte contre la misère, l’organisation de l’immigration, la politique de sécurité et de défense, l’usage des nouvelles technologies, la diversité langagière… C’est là qu’il sera nécessaire de mobiliser toutes les politiques et tous les instruments de l’Union : la politique de développement, la politique commerciale, notre capacité à être en pointe sur le terrain de la régulation financière et de la lutte contre le réchauffement climatique, notre coopération de plus en plus forte sur le terrain de la justice, de la liberté et de la sécurité, nos outils de gestion civile et militaire des crises, et enfin nos relations politiques et économiques avec les grands pays et les grandes régions de la planète.  

Europartenaires compte bien rester en 2011 la force de proposition voulue par ses présidents, mais aussi un lieu d’échange et de partage sur l’Europe, en développant différents partenariats (projets avec la FEPS, Sciences po, Euractiv, etc.). Nous nous efforcerons d’assurer la continuité de nos actions, ambitieuses pour l’Europe, avec la conviction que notre association reste cet organisme original voulu par ses promoteurs. Nous continuerons à entretenir sa dynamique sans démentir sa pertinence et son actualité, et ce, grâce à la représentativité et à la légitimité que lui confèrent ses membres.

 

 
 
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